Naucourt



Maquis de l'Ain (version pdf)

Biographie Lt Darthenay

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Le chant "Heureux ceux qui sont morts" est interprété par la chorale de la Promotion

d'après la "Prière pour nous autres mortels" de Charles Péguy (musique de Max Deutsch)

Témoignages divers (compilation)

Maquis de l'Ain & du Haut-Jura (site)

" Après une longue captivité, à peine revenu en France, il reprend aussitôt la lutte contre l'ennemi dans les Forces Françaises Libres. Admirable de dévouement, n'hésite pas à braver les barrages allemands pour tenter de rejoindre son camp menacé. Fait prisonnier, torturé et mutilé avec une cruauté horrible, accepte sans plainte le sacrifice suprême, donnant ainsi un magnifique exemple d'abnégation et de sens du devoir. "

Décret du général de Gaulle, daté du 26 avril 1945

portant attribution de la Légion d'Honneur à titre posthume.

NB : en cliquant sur la plupart des photos, celles-ci peuvent être agrandies

Le "muet de Sièges"

    



Élisée Alban Darthenay naît le 3 janvier 1913 à Montrouge, en région parisienne, où il passe une bonne partie de sa petite enfance. De 1922 à 1924, il est pensionnaire dans un collège de Cannes. De retour à Paris, il entre au lycée Lakanal où il passe son bac de mathématiques et de philososphie. Il excelle en dessin et en poésie, grâce à une imagination fertile qui le pousse vers l'action et - déjà - le dépassement de soi-même. En 1933, il entre en corniche (préparation à Saint-Cyr) au lycée Condorcet.


Il intègre Saint-Cyr le 1er octobre 1935 et fait partie de la Promotion Maréchal Lyautey. Il passe ses courts moments de permission à la maison familiale "Les Hirondelles" de la rue Saint-Loup à Samois-sur-Seine. A la sortie de Saint-Cyr, il choisit l'infanterie et le 1er octobre 1937, il est affecté comme sous-lieutenant au 4ème Régiment d'Infanterie Motorisée basé à Auxerre.


Dès le début de la seconde guerre mondiale, en septembre 1939, c'est comme chef de section dans une compagnie de mitrailleuses qu'il part en Lorraine, au devant de la ligne Maginot, entre Bitche et Deux-Ponts puis dans la région de Chauny. Pendant cette "drôle de guerre" dont il n'apprécie pas du tout l'inactivité forcée à laquelle il est contraint, il se marie au cours d'une permission, le 3 janvier 1940. En mai 1940, il prend part avec ardeur et bravoure aux combats contre l'armée allemande qui déferle sur la France. Nommé commandant de compagnie, il participe à la retraite générale qui lui laissera durablement un fort sentiment d'impuissance et d'amertume. Chargé de la défense des ponts d'Haubourdin dans le Nord de la France, il reçoit l'ordre, après épuisement des munitions, de déposer les armes et est fait prisonnier le 31 mai, non sans avoir reçu les honneurs militaires rendus à Lille par les troupes allemandes. Cité à l'ordre de la division, il reçoit également la Croix de Guerre.


Le 1er juin 1940, c'est la captivité qui commence. Conduit au camp d'Hoverswerda, petit village situé à 60 km de Dresdes, il songe aussitôt à ce qui deviendra pour lui une lancinante obsession : s'évader. Après plusieurs tentatives infructueuses, les Allemands finissent par l'emprisonner, le 12 juillet 1942, dans la tristement célèbre forteresse de Colditz de laquelle, pensent-ils, il est impossible de s'échapper. Il parvient tout de même à s'en évader le 8 juillet 1943, dans des conditions périlleuses, et finit par rejoindre son épouse à Nuits-Saint-Georges où il fait connaissance de sa première fille, Geneviève, née pendant sa captivité. Affaibli et en mauvaise santé, il trouve le temps pendant sa convalescence d'écrire un récit autobiographique intitulé "Naucourt" dans lequel il relate dans un style poignant tout ce qu'il a vécu. Puis il effectue plusieurs voyages à Toulouse pour tentre de rallier les forces françaises libres en Afrique.


Il prend la décision, mûrie dès septempbre 1943 et renforcée par l'événement majeur que constitua le défilé provocateur du 11 novembre 1943 à Oyonnax, de rejoindre l'armée secrète de l'Ain : il adopte définitivement son nom de résistant, Jean-Louis Naucourt. Ses qualités de chef, à la fois humain et exigeant, le font vite remarquer. Dynamique et particulièrement actif, animé par une grande force d'âme, il mène mission sur mission, en tous lieux et par tous les temps. Le 7 avril 1944, il est arrêté à Thoirette, dans le Jura, au retour d'une laison au PC du colonel Romans-Petit, commandant l'armée secrète dans la région de l'Ain et du Haut-Jura.


Mis au secret puis interrogé par la Gestapo à Oyonnax, il garde le silence, ne parlant pas, ne révélant rien, au point que ses tortionnaires pensent être réellement en présence d'un muet. Le 11 avril 1944, il est emmené à Sièges, petit village perdu dans les montagnes du Jura, à 12 km d'Oyonnax où l'interrogatoire se poursuit inexorablement. Atrocement torturé et mutilé, il est finalement abattu à coups de mitraillette, avec quatre autres résistants, dans la nuit du 11 au 12 avril. 1944.


Il avait 31 ans. Un mois après sa mort naissait sa seconde fille, Odile.


Un peu plus tard, le colonel Romans-Petit témoignera qu'en se contraignant au silence, le lieutenant Naucourt - le "muet de Sièges" - a sauvé la vie de huit cents hommes et celles de tous les officiers du Maquis de l'Ain.



Élisée Alban Darthenay, fort justement promu au grade supérieur à titre posthume, repose au cimetière du Montparnasse à Paris.







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= Devoir de mémoire =



Une rue d'Oyonnax porte son nom de résistant, Naucourt. A Nuits-Saint-Georges, on trouve aussi la rue du Lieutenant Darthenay.


Voilà maintenant près de 40 ans que la Promotion Lieutenant Darthenay participe chaque mois d'avril aux cérémonies commémoratives organisées par les survivants des Maquis de l'Ain et du Haut-Jura dans la région d'Oyonnax. C'est à chaque fois l'occasion de déposer, à l'endroit même où le lieutenant Darthenay et ses compagnons furent massacrés,  une gerbe au pied du monument qui témoigne de ce sinistre épisode (photos ci-après).


Le 11 novembre 2014, soit 70 ans après la mort d'Élisée Alban Darthenay et 40 ans après la naissance de la Promotion de Saint-Cyr qui porte son nom, une cérémonie particulièrement émouvante eut lieu à Samois-sur-Seine où vécut la famille Darthenay, sous la double présidence de Monsieur Didier Maus, maire de Samois-sur-Seine, et du général Dominique Trinquand, président de l'association "Promotion Lieutenant Darthenay" ; et en présence des descendants directs du lieutenant Darthenay et de membres de sa famille. Sous un soleil radieux, sur le mur de la maison familiale "Les Hirondelles" fut conjointement dévoilée par sa fille Geneviève, sa petite-fille Albane et son arrière petit-fils Geoffroy une plaque commémorative marquant ce double anniversaire. Cette journée restera gravée à jamais dans les esprits de tous participants qui avaient pu faire le déplacement pour cette occasion.


Le lecteur intéressé par la vie et l'oeuvre d'Élisée Alban Darthenay - qui signe ses ouvrages EAD - pourra utilement consulter les nombreux témoignages qui lui sont consacrés, dont celui de René Maus, le père de l'actuel maire de Samois-sur-Seine, Didier Maus. René Maus fut en effet également retenu prisonnier dans la forteresse de Colditz, et c'est à ce double titre de co-détenu et de compatriote qu'il écrivit un vibrant hommage à Élisée Alban Darthenay en 1977 dans les Cahiers Samoisiens. C'est lui encore, alors qu'il était maire de Samois, prit l'initiative de faire apposer la première plaque sur le mur de la maison familiale. Les principales oeuvres d'Élisée Alban Darthenay sont également sur ce site à l'adresse suivante :  http://www.promoltd.org/aapromo/EADOEUVRE.pdf (document important assez long à charger).


Quant au lecteur intéressé par l'histoire des Maquis de l'Ain & du Haut-Jura, tout aussi passionnante que celle du Maquis des Glières (il n'est pas anodin de noter qu'Élisée Alban Darthenay et Tom Morel faisaient partie de la même Promotion de Saint-Cyr), il pourra se reporter au remarquable site créé par "La Voix du Maquis" (cliquer ci-après).


NB : en 2018 devrait être éditée, rédigée par Michel Geffroy - saint-cyrien de la Promotion Lt Darthenay, historien et écrivain - la biographie officielle d'Élisée Alban Darthenay sous le titre "Le Combat avec l'Ange : Lieutenant Darthenay, héros et martyr de la résistance"

Cliquer pour agrandir...

Première ébauche pour le timbre émis par La Poste en avril 2014

 (70ème anniversaire de la mort d'Élisée Alban Darthenay)

En arrière-plan, le Mémorial des Maquis de l'Ain

et de la Résistance, dit Mémorial du Val d'Enfer,

Conception et réalisation par PHN

Défilé du 11 novembre 1943 à Oyonnax (film d'époque)
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Maquis de l'Ain & du Haut-Jura (version pdf)

COLDITZ : les évadés de la forteresse d'Hitler (documentaire Arte)

"Fait prisonnier, torturé et mutilé avec une cruauté horrible,

il accepte sans plainte, sans donner le moindre renseignement,

le sacrifice suprême"

Élisée Alban Darthenay


Né à Montrouge le 3 janvier 1913 - Mort à Sièges (Jura) le 11 avril 1944

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